Si je tombe dans l’eau, je dépasse la limite ?

Jean joue au bord de la rivière. Il a fait un jardin japonais avec des brindilles et des petits cailloux, il fait un petit ruisseau et fait couler de l’eau. Ensuite, il s’amuse à faire flotter sur son « petit ruisseau » des brindilles et des feuilles. Une brindille est coincée entre deux cailloux dans l’eau. Il doit se pencher au delà du bord de l’eau pour la ramasser. Jean, est-il tombé à l’eau ? L’histoire ne le dit pas. Jean a fait l’expérience de reconnaître une limite, de la dépasser, d’en assumer la responsabilité, de vivre le stress de la transgression, de rétablir la situation … C’est donc une histoire de bord et de limite.

MHM 130101 promenade dans les bois-17

Une « limite » comme un cadre, un bord, une frontière …

Cette situation contient en elle-même toute la signification du mot « limite » à laquelle nous sommes confrontées tous les jours dans notre rôle de parent.

  • A l’intérieur de la limite, je suis en sécurité, je me respecte et je respecte les autres. Au sein de celle-ci, je peux faire toute une série de choses : un jardin japonais, un petit ruisseau, des découvertes, … Cet aspect me semble trop peu souligné : tout ce que Jean faisait au bord de l’eau avant de dépasser la « limite ». Il a joué avec plaisir, là,  au bord de l’eau, au bord de la limite, à l’intérieur du cadre.
  • Et puis, il y a la limite elle-même : où est-elle située ? Comment est-ce que l’enfant peut voir la limite ? Celle-ci est-elle explicite, objective, observable ? Lorsque je pose des limites en tant que parent, celle-ci est-elle explicite pour l’enfant ? Il est probable que parfois nous posons des limites un peu abstraite pour nos enfants, non ?
  • Et que se passe-t-il lorsque je dépasse le bord de l’eau ? Voilà une belle expérience qui peut aider l’enfant à prendre conscience de ce qui se passe autour de la notion de limite et qui pourra l’accompagner dans cette expérience de la réalité de notre monde.

Expérimenter pour apprendre la notion de limites

Limites et contours

Jean a réalisé de nombreuses expériences au cours de sa vie qui lui ont appris que toute chose à un bord : le bord du plat, du bain, du jardin, … Voilà de belles occasions pour aborder avec lui les limites posées en famille. Un exemple parmi d’autres : lorsque Jean fait un gâteau avec son papa, il peut observer le bord du plat et le fait que la pâte ne peut dépasser le bord du plat. Il prendra différents objets et observera s’il ont des bords, ce qui se passe à l’intérieur des bords et … à l’extérieur … Dans la même idée, il peut être très intéressant de prendre une grande feuille, d’inviter l’enfant à se coucher dessus et le parent dessine au gros marqueur le contour de l’enfant. Ensuite, l’enfant décore sa silhouette. Voilà une oeuvre d’art qui l’aidera à visualiser qu’il a aussi un contour.

Limites et possibles

En fonction des situations, peut-être aurez-vous l’occasion de nommer les possibles plutôt que les interdits que renferme une limite : s’amuser à faire une liste de tout ce que l’on aime faire dans les limites du jardin, du bac à sable, lors du repas où tous restent assis, …

Dépasser la limite

Et lorsque Jean dépasse la limite, nous pourrions parfois simplement laisser vivre l’expérience tant que sa sécurité est suffisamment assurée, laisser prendre un risque, et, plus tard, de parler de l’événement; et de faire le lien avec d’autres situations quotidiennes où Jean a eu envie de dépasser une limite. Par exemple, quand Jean dessine, que se passe-t-il avec les traits de crayons qui ont dépassé du contour ou de la feuille ? Les situations de jeux ne manquent pas et peuvent utilement être exploitées.

Et Jean se tourne vers sa maman et lui dit d’un air candide : « Si je tombe dans l’eau, je dépasse la limite ? »

Papa et Maman, avez-vous des souvenirs d’expériences qui vous ont aidé à apprendre ce qu’est une limite ? Qu’évoque chez vous l’idée de poser un cadre : limite ou ouverture ?

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2 réflexions sur “Si je tombe dans l’eau, je dépasse la limite ?

  1. Je n’ai jamais pensé à retourner l’idée de la limite en regardant toutes les possibilités qu’elle renferme! alors que c’est tellement évident! je crois que je vais tester ceci pour les repas, ou les moments où il faut rester assis car ma fille a du mal avec cette limite autant a l’école qu’a la maison…

  2. Bonjour Pauline,
    Super cette prise de conscience …
    Et alors quel a été le champs des possibles pour ta fille à table ? Tu verras que tu rentres davantage dans la coopération quand tu expliques clairement ton attente tout en proposant à tes enfants de choisir entre différentes possibilités.
    Donne des nouvelles de tes expériences !
    Bonne journée,
    Marie Noelle

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